Lettre à une amie

Lettre à une amie

Oui, les temps sont difficiles. Ce qui est le plus difficile, c’est évidemment de voir les populations adhérer à la Grande Mascarade sans broncher et même pour certains de réclamer les menottes pour les enfermer et les fouets pour les battre. Mais je crois qu’il en a toujours été ainsi. La plupart des gens aspirent à la tranquillité. En fait, il n’y a qu’une très petite partie de l’Humanité qui est intéressée par le pouvoir et prête à mettre l’Autre à son service, comme esclave, comme marchandise, comme nourriture (sexuelle ou autre).

Dans la Tradition, nous les appelons les Asuras, les « dieux jaloux », un peu l’équivalent des Titans grecs. Ce sont des demi-dieux : la seule chose qu’ils ont en commun avec les Dieux (Devas) est la force et le pouvoir. Le reste de leur personnalité n’est que bassesse, corruption, sadisme et absence totale d’empathie. La Tradition raconte encore qu’ils luttent constamment pour obtenir l’Amrita, le nectar de félicité détenu par les Devas. C’est un détail important, le plus important je crois, car cette quête motive toutes leurs actions depuis qu’ils régissent en grande partie ce monde. Privés de ce « nectar », ils sont obligés d’inventer et de fabriquer des succédanés. Toutes leurs sciences de progrès sont fondées là-dessus. Elles sont à la base de la quête d’immortalité, de jouissance sous nombre de formes, de croissance financière et économique, etc.

Aujourd’hui, le pouvoir des Asuras est à son apogée, ce qui signifie pour une personne éclairée comme toi qu’il va basculer vers le déclin. Résumé de leur monde :

L’Amrita des Asuras s’appelle Adrénochrome, et pour cela des millions d’enfants disparaissent chaque année dans la plupart des pays de la planète (plus de 10.000 en France), sont torturés, violés, mutilés.
Le Paradis des Asuras, c’est la puissance financière et la possession de toutes les richesses possibles, naturelles et artificielles, et pour cela la pauvreté et la misère doivent être organisées et maintenues par un système économique de croissance perpétuelle.

Le Progrès pour les Asuras, c’est de rendre parfait le corps (au moins autant que celui des Dieux) et l’esprit supra-intelligent, et pour cela le transhumanisme et la réalité augmentée via l’intelligence artificielle sont indispensables, ce qui génère des avancées technologiques rendant obsolète et inutile la majorité des humains esclaves. C’est le moment de les asservir totalement et de les éliminer (le vaccin et l’instauration des dictatures ne sont que le début).

Le Pouvoir des Asuras tient en la manipulation, la réécriture de l’Histoire, le secret, la peur, le meurtre, les philosophies pernicieuses, la culture de la décadence et de l’immoralité, le maintien des ennemis dans l’ignorance et dans le divertissement puéril.

Mais je voudrais te dire quelque chose de bien plus important. En fait ces mondes-là, celui des humains désirant vivre tranquillement, celui des Asuras emprunts de la volonté de puissance, voleurs et pervers, celui des Devas, bienheureux et l’esprit libéré de toutes afflictions, existent dans notre propre Cœur. Aucun de ces trois monde ne nous est totalement étranger. Et nous pouvons aussi nous manifester comme Asura ou Deva dans cette incarnation même, selon les circonstances et même selon notre volonté. D’après Bouddha, et malgré les souffrances, c’est aussi un pouvoir, une situation extrêmement privilégiée, une véritable bénédiction, rare et précieuse.

Alors, je crois que nous devrions célébrer notre humanité avant toute chose et nous en servir pour notre propre intérêt avant de vouloir refaire le monde, de chercher des coupables, d’atteindre des objectifs irréalistes. En s’observant soi-même, on peut découvrir ce qui restaure et bénit cette humanité ou au contraire la réduit à néant. Il est certain qu’à l’instant même où nous accusons l’Autre d’être un Asura, nous le sommes nous-mêmes du simple fait de l’accusation car nous nous considérons de fait comme supérieur et plus juste. Je crois que l’Univers est parfait et que les Asuras y ont donc leur place. Ils y ont leur place précisément parce qu’il existe ici des victimes à exploiter et à torturer. Donc, tout va bien !

Toutefois, il semble à un être éclairé que la situation de victime ne soit pas acceptable ni même supportable. Il semble qu’un tel statut procède d’un consensus, d’un compromis négocié entre la peur et le désir de tranquillité. En un mot, l’axiome est d’une simplicité éblouissante : quand la victime se libère, le bourreau meurt.

Doit-on alors éveiller le divin en nous pour faire face à la violence des Asuras ? Décidément, non ! Arrêtons ces ambitions hypnotiques Nouille-Age promues en sous-main par les Asuras ! Nous sommes humains, restons humains. C’est ce que nous avons choisi de vivre. Nous n’avons pas créé le karma d’être des Devas, alors assumons. Je l’ai dit : en tant qu’humains nous pouvons expérimenter tous ces états, depuis l’enfer jusqu’au nirvâna. « Expérimenter » et « humain » sont synonymes. Le déclin des Asuras est une porte ouverte, une magnifique opportunité, celle de nous désenvouter des « programmes asuriques » implantés dans nos esprits depuis des millénaires, celle de nous débarrasser de la quête vaine du statut de Deva. Il y a du ménage à faire : retrouver l’état naturel d’un humain, le vivre pleinement, être simple et aimant, tranquille et joyeux… C’est cela que nous avons choisi de vivre, biologiquement.

Mais puisque l’état psychophysique d’un Asura peut aussi naître dans notre Cœur, observons comment cela se passe, comment il surgit, et d’où. Soyons attentifs, et nous y trouverons facilement toutes les recettes pour transformer directement (en nous, puis à l’extérieur) cette énergie avilissante et destructrice en autre chose. Je dis « autre chose » car c’est une détermination qui doit rester personnelle. Je gage que de toute façon nous nous retrouverons sur les choix.

Le fait que nous changions d’Ère est également une opportunité. Les nouveaux paradigmes cosmiques ne permettent plus aux Asuras de vivre dans les parages. Ils doivent partir ou mourir. Ils le savent et sont actuellement entrés dans une phase de désespoir et de panique. Je ne sais pas s’il est possible de les aider, ni même si cela est souhaitable. Je me dis que ce serait leur manquer de respect de considérer qu’ils seraient moins intelligents que nous. Et puis, c’est leur droit souverain de décider de quitter un lieu devenu hostile ou d’y périr.

Cette opportunité ne s’est pas reproduite depuis les événements relatés dans la Mahabharata. Les Asuras gagnèrent à l’époque et leur pouvoir n’a cessé d’augmenter. Mais aujourd’hui c’est le moment de leur déchéance et de leur défaite. Soyons dignes du Grand Arjuna !

Comment ressent-on que sa propre humanité se restaure ? C’est simple : le corps se met en mouvement, il devient tout-à-coup intelligent et nous transporte vers la Liberté, la Joie, l’Amour et le Bonheur. C’est lui qui nous guide et non pas les fluctuations mentales habituelles et bouffies d’orgueil et de certitudes idiotes. Toute crainte de la mort s’évanouit d’elle-même et rien ni personne ne peut nous asservir. En fait, c’est ici la grande différence entre les Asuras et les Humains : les premiers ont un territoire à défendre, les seconds n’ont rien car ils se savent chacun une cellule du Grand Corps Cosmique, une fragrance momentanée du parfum de l’Univers. Tout est donc dans le Rien. En l’instant, tout est présent et viable, parfait et équilibré.

Chacun doit faire ses choix. Dieu ne reconnaîtra pas les siens car il s’en fout pas mal (c’était juste une blague à la St-Bart). Aide-toi et tu seras aidée.

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